
Au pays des ombres
Un an après le suicide de sa femme Alexandra, le capitaine Vincent Brémont s’enfonce dans l’alcoolisme tandis que sa fille Julia s’abandonne au désespoir. Les vacances au bord de la mer pourraient être l’occasion d’un renouveau, si un inconnu n’avait la fâcheuse idée de venir se faire tuer devant leur porte. Un inconnu qui a leur adresse dans sa poche, et qui connaissait Alexandra.
Il n’en faudra pas plus pour que l’enquête sur le suicide soit rouverte, et Vincent fait bientôt figure de seul suspect dans ces deux morts dont il est le point commun. Après avoir traqué les criminels durant toute sa vie, c’est lui qui est à présent pourchassé et il n’a d’autre choix que de fuir pour découvrir la vérité avant qu’on l’arrête… ou que le vrai coupable le tue.
Sa fuite l’amènera à traverser la France, tandis que ses collègues perquisitionnent chez lui et trouvent des preuves supplémentaires l’incriminant.
C’est dans un lointain passé qu’il découvrira la clé de l’énigme, mais cette clé ouvre une porte sur une machination qui l’amènera à se remettre totalement en question : lui, le policier intègre, est-il capable de tuer un homme de sang-froid ?
Ce qu’ils en pensent
Dès les premières pages, Gilbert Gallerne installe un climat où la pénombre devient bien plus qu’un simple décor : elle se transforme en véritable personnage. Le titre résonne comme une invitation à explorer ces territoires flous où la vérité se dérobe, où les certitudes vacillent. L’auteur jongle habilement avec cette dualité symbolique, tissant son intrigue dans les interstices entre ce qui se montre et ce qui se cache. Cette dimension métaphorique traverse l’ensemble du récit, conférant au polar une profondeur qui dépasse la simple enquête policière. Les ombres qui hantent Vincent Brémont ne sont pas uniquement celles des suspects ou du meurtrier en fuite, mais aussi celles du deuil, des non-dits et d’un passé qui refuse de se laisser enterrer.
L’architecture narrative s’articule autour d’un double mouvement : celui de l’enquête criminelle qui propulse l’action vers l’avant, et celui de la quête intime qui ramène sans cesse le protagoniste vers ses blessures. Gallerne orchestre ces deux lignes dramatiques avec une précision qui maintient le lecteur en tension constante. Le meurtre initial à Cabourg fonctionne comme un détonateur, mais c’est la révélation progressive des liens entre cette affaire et le suicide d’Alexandra qui constitue le véritable moteur du roman. Cette construction en abyme, où une enquête en cache une autre, confère à l’intrigue une épaisseur remarquable. Le lecteur avance à tâtons dans ce labyrinthe où chaque indice peut éclairer ou au contraire obscurcir davantage la compréhension des événements…
La chronique complète sur le blog Le Monde du Polar
Vincent Brémont travaille pour la PJ de Nanterre et possède une résidence secondaire à Cabourg. C’est cette adresse qu’Yvon Kervalec a dans la poche lorsqu’il est retrouvé mort. Venait-il lui délivrer un message ? Vincent ne le connaissait même pas…
Il est cependant vite accusé par la police normande qui croit qu’il ment et que Kervalec voulait se venger. L’affaire se complique lorsqu’un string et des photos de la femme de Vincent sont retrouvés dans le garage de Kervalec… Sa femme s’est suicidée un an auparavant et Vincent a de sérieux penchants pour l’alcool depuis. Sa fille de 12 ans a pourtant tant besoin de lui. Vous suivez toujours ?
Je ne vais pas vous en raconter plus car je vous encourage à lire ce polar que vous ne pourrez refermer qu’une fois entièrement lu. L’écriture est (trop ?) simple, les chapitres et le rythme s’enchaînent ; en particulier lorsque Vincent va devoir la jouer solo pour dénouer toute cette affaire alors qu’il se trouve en cavale… On se fera un plaisir de l’accompagner sur le dangereux chemin de la vérité.
Asnico sur Babelio
Certes, 2010 n’est pas le meilleur millésime en matière de « prix du quai des Orfèvres », néanmoins la lecture d’ « au pays des ombres » est agréable. L’histoire tient la route et le dénouement est plus que surprenant. Il y a quelques maladresses et redites qui font que le récit est parfois languissant, pas de quoi, non plus, descendre en flèche l’auteur. Peut-être que cette année-là peu de manuscrit ont été soumis au jugement du jury, d’où leur choix maladroit. On n’échappe pas au cliché du flic à la dérive et alcoolique. On passe quand même un bon moment, haletant surtout vers la fin.
BillDOE sur Babelio