Roman : Sous terre personne ne vous entend crier

Sous terre personne ne vous entend crier

Sale journée pour le commissaire Jonzac.
L’interpellation du Serbe a mal tourné. Un de ses hommes est à l’hôpital entre la vie et la mort. Tension au 36…

Quand on l’appelle pour une scène de crime dans les catacombes, on ne peut pas dire qu’il soit dans les meilleures conditions. Cela ne s’arrange pas lorsqu’il retourne le cadavre et reconnaît la victime. Sa nièce.
Jonzac sait qu’on va lui retirer l’enquête du fait de sa parenté avec la victime. Il se jure alors que, quoi qu’il arrive, il retrouvera le coupable et le fera payer.
Dans les ténèbres, la bête qui hante les sous-sols parisiens l’épie. Lorsque son visage apparaît dans la lumière, la bête comprend que cette rencontre n’est pas un hasard. Elle le reconnaît et se jure de se venger enfin. Des années d’attente vont enfin être récompensées.

Quand des cadavres se mettent à apparaître à des endroits des sous-sols en lien avec sa carrière, Jonzac comprend qu’un duel à mort est engagé.
Un polar rythmé, dans les catacombes et les couloirs du métro où l’auteur joue avec notre claustrophobie et la peur des monstres.

Ce qu’ils en pensent

Il m’a fallu lire une critique sur le livre pour réaliser la référence à Alien alors que je suis pourtant un grand fan. Sans doute parce que c’est l’aspect « sous terre » qui m’a attiré dans ce roman. Avant tout pour valider un Item de challenge Babelio… mais aussi parce que le sous-terrain a toujours exercé une fascination pour moi. le Voyage au centre de la terre de Verne est une référence et l’adaptation en film m’avait beaucoup impressionné dans mon enfance (avec pourtant des effet spéciaux bien bien datés, puisque je parle de la version de 1959, pas de la toute récente). Par son aspect caché et discret, le sous-terre est en effet un lieu idéal pour le fantastique, mais aussi pour le polar ou le thriller.
Même s’il est classé plutôt polar, ce livre de Gilbert Gallerne coche plusieurs cases du thriller horrifique. le meurtrier, que l’on rencontre dès le début, pas de spoiler, fait en effet plutôt peur et semble vite repoussant. Les courses poursuites dans les catacombes ou le métro font plus penser à un film d’horreur qu’à un policier, même si le côté enquête est très présent. L’auteur cherche en tout cas à traiter le thème souterrain dans sa globalité puisqu’il évoque catacombes, égouts, cimetière, lignes de métro, et recherche même dans un petit cinéma l’obscurité et le silence de l’univers qu’il aborde.
C’est presque en partie le reproche que j’adresserais à ce roman, la volonté de cocher le plus de cases possibles: abordons plusieurs styles, soyons exhaustifs sur les différents lieux souterrains, soyons sûrs de tout relier pour que rien ne soit oublié du passé à l’avenir, que tout soit expliqué. le mystère plane de ce fait beaucoup moins, et on est rarement étonné par les rebondissements. L’auteur veut tellement ne rien se voir reprocher qu’on lit en lui comme dans un livre ouvert.
Meps sur Babelio

« À présent qu’il se retrouve seul, c’est son refuge. Il ne peut pas laisser les étrangers l’envahir et l’en chasser comme on l’a toujours repoussé de partout. Il ne peut pas leur permettre de s’emparer du dernier endroit où il se sent en sécurité ! Il doit les faire fuir. Les inciter à ne plus jamais revenir. Ni eux ni personne. »
Mikaël a toujours vécu sous terre, caché aux yeux de tous. Avec l’Autre, ils ont fait des sous-sols de Paris leur univers. Jonzac est un flic à l’ancienne. À l’approche de la retraite, il a toujours la foi, et malgré le manque de suivi de la justice, c’est avec hargne qu’il chasse sans relâche les criminels. Ces deux êtres, que tout oppose, vont se croiser au détour d’un carrefour, au coeur des carrières qui truffent le sous-sol de Paris. Entre eux, Claire, la nièce de Jonzac et première victime de Mikael. Commence alors une traque sous terre. Mais qui traque l’autre ? …
Gilbert Gallerne signe un thriller aussi percutant que redoutable. Un roman qui est un pur thriller, où l’ambiance est aussi noire et obscure que les catacombes. Angoisse, sensation d’étouffement, ma lecture s’est faite sous terre et m’a véritablement transportée dans cette ambiance oppressante à souhait. Une intrigue dans les pas de Jonsac, un flic n’a pas fini de découvrir toutes les ramifications de cette sordide histoire et pas sûr qu’il apprécie les poupées russes… Dans une construction aussi classique que puissante, l’auteur nous engloutit dans les ténèbres de nos angoisses avec une montée en puissance sans faille. Loin des mémoires d’outre-tombe de François-René de Chateaubriand, l’auteur joue avec notre claustrophobie et la peur des monstres.
Tofpolar sur Babelio

Un premier chapitre qui vous saute à la « gueule » comme une bombe, dommage pour l’auteur, je l’ai dénoncé à la SPA pour maltraitance envers les rats, petites bêtes que j’affectionne.
A partir de là, le lecteur entend le bruit du tictac du compte à rebours et le suspens déferle sans interruption.
Lionel Jonzac, vieux briscard sur le retour du 36 quai des orfèvres, se trouve confronté à ce qu’il y a de pire dans son métier, un collègue entre la vie et la mort et la découverte que la jeune femme trouvée dans les catacombes parisiennes, assassinée et mutilée, est sa nièce Claire.
« Lionel se force à approcher de la table lorsqu’ils se penchent sur les blessures au thorax.
Curieux, murmure le praticien. Vraiment curieux.
Une idée de ce qui a pu faire ça ?
Des dents.
Son assassin l’a mordue ?
Dévorée serait plus exact, mais ce n’est pas l’oeuvre d’un homme. La mâchoire est trop petite ? »
Pourquoi ? Par qui ?
Par qui, le lecteur le sait vite et va amorcer une descente aux enfers, plutôt dans les catacombes où Mikael, un marginal qui a dans la tête un Autre, rôde…
« Ce premier meurtre a été son baptême du feu. Une répétition en quelque sorte.
Maintenant l’attend le combat le plus important de toute sa vie. Il doit affronter Lionel Jonzac et l’anéantir. Toute son existence n’a tendu que dans ce but. Aujourd’hui il est sur le point de réaliser ce pour quoi il a vécu, ce désir qui l’obsède depuis des années.
Tuer Lionel Jonzac. »
Evidemment Jonzac ne peut enquêter sur le meurtre de sa nièce, même s’il ne se gêne guère pour marcher sur les plates-bandes de sa consoeur Nadia Brochard avec qui il a un contentieux.
Fuji sur Babelio

Qu’on se le dise, je ne suis pas adepte des polars. Non pas que je n’aime pas mais je ne suis pas fan d’enquêtes où les gentils policiers vont attraper les grands méchants. C’est le cliché que j’en ai, je sais c’est moche. Et puis quand j’ai vu ce roman (il y a plus d’un an maintenant..), c’est la couverture qui a insisté : des crânes en relief gaufrés sur une couverture noire ; et ce titre… de quoi me faire frissonner rien que de m’imaginer enterrée encore vivante – et que personne ne m’entende. Je l’ai acheté et posé sur la pile la plus éloignée..
Et puis chéri le lisait la nuit au boulot et d’après lui, ça dépote dès le début. Les tripes saignantes, un monstre des sous terrain qui mange des rats vivants… ça j’aime : alors j’ai honteusement dérobé le roman à monsieur et on peut dire que j’ai été servie.
Effectivement, le ton est donné, glauque, crade, répugnant dès la première page, histoire de nous glisser qu’il y a quelqu’un de bien dérangé la dedans.
Et puis après, on installe le décor : Lionel Jonzac, commissaire proche de la retraite, pensait passer une journée somme toute banale avec l’arrestation d’un vieux Serbe pourchassé depuis des années, l’apothéose d’une fin de carrière réussie.. Ce n’est pas sans compter sur une bavure où l’un de ses proches collègues et ami est touché par sa faute et se retrouve entre la vie et la mort.
FelicieAussi sur Babelio