Service Spéciaux N°274 mars 2026

mars 27, 2026

Par: Gilbert Gallerne

Service Spéciaux

(Bulletin de l’Amicale des Anciens des Services Spéciaux de la Défense Nationale)

Le dernier numéro de Service Spéciaux vient de me parvenir, bourré d’articles passionnants.

Annie Almand

Les férus d’Histoire pourront plonger dans le récit des derniers jours d’Annie Almand, torturée et déportée par les nazis elle mourra peu après son retour de Ravensbrûck, non sans avoir laissé un témoignage poignant.

Mistinguett

Agent secret au service de la France durant la Première Guerre, Mistinguett espionna pour le compte du 2e Bureau (l’ancêtre de la DGSE) auquel elle livra notamment les plans de l’armée allemande, avertissant la France que la grande bataille qui devait décider du sort des combats se déroulerait en Champagne et non dans la Somme ainsi que s’y attendait l’état-major. Un éclairage nouveau sur celle qui fut l’une des premières stars internationales.

L’IA, nouvelle arme de la CIA ?

Plus près de nous, Nicolas Corsi nous livre un article très intéressant sur l’utilisation future de l’IA par la CIA. Cette technologie va bientôt avoir un rôle prépondérant dans la gestion des sources (comprenez, les nationaux qui renseignent les services secrets étrangers). L’article soulève beaucoup de questions, de déontologie et d’éthique notamment, et autant d’inquiétudes. Peut-on vraiment faire confiance à la CIA pour respecter une charte (qui n’existe pas encore) lui interdisant notamment d’espionner les alliés des USA ?

La grande braderie continue

Deux pages signées Jacques Heliot sont consacrées au rachat de LMB Aérospace par une société américaine. Apparemment, le gouvernement français n’a pas tiré les leçons des rachats de sociétés stratégiques françaises par les USA (le triste exemple d’Alsthom demeure pourtant dans toutes les mémoires). Dans le cas présent, il s’agit d’une petite société française (40 millions de chiffre d’affaires) qui fabrique notamment des ventilateurs électriques de haute performance destinés entre autres au Rafale, au char Leclerc et à l’hélicoptère Tigre. Trois piliers de notre défense, qui dépendront maintenant du bon vouloir de nos chers alliés pour des pièces de maintenance essentielles.

A qui profite le crime ?

Jean Sébastien Feger se penche quant à lui sur les achats d’armement effectués par l’Europe auprès des Américains. 184 milliards de dollars depuis 2022 ! J’ai eu l’occasion d’aborder le sujet dans mon roman Nos chers alliés, je suis heureux de voir que je ne suis pas le seul à m’inquiéter de cette dépendance. Je cite l’auteur : « En dehors de la France, l’Europe dépend désormais totalement des États-Unis pour son aviation de combat. Sa souveraineté repose sur des machines qui exigent un entretien, des systèmes de données et des logiciels dont les Américains conservent la maîtrise exclusive. » C’est tout le sujet de mon roman !

… et tout le reste

Également au sommaire de ce numéro vraiment très riche, comment lutter contre les deepfakes ; un bilan de cinq pages dû à Hugues Pernet, premier ambassadeur de France en Ukraine, sur la guerre Ukraine-Russie : « L’heure des bilans » ; une étude de Jean Sébastien Feger sur l’avenir économique de la Russie (Les sanctions conduiront-elles à la faillite de la Fédération de Russie ?) et une autre sur la stratégie américaine sous le second mandat de Donald Trump, signée quant à elle Hajnalka Vincze.

La partie actualité de ce numéro s’achève sur un entretien avec Alain Juillet, ancien directeur du renseignement au sein de la DGSE et président de l’Amicale des Anciens des Services Spéciaux, sur la place de l’Afrique dans le nouveau désordre mondial.

Je n’ai pas encore tout lu, mais je sens que je vais dévorer ce bulletin de la première à la dernière ligne !

Couverture du magazine Service Spéciaux N°274

Mots-clefs : Services Spéciaux, renseignement, espionnage, DGSE, souveraineté européenne, intelligence artificielle CIA, guerre Ukraine-Russie

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