
Un film de Steven Soderbergh, scénario de David Koepp, avec Cate Blanchett et Michael Fassbender
Disons-le d’emblée, le dernier film de Steven Soderbergh s’inscrit dans ce que le cinéma a produit de meilleur dans la catégorie espionnage.
Un retour aux fondamentaux
Loin des cascades renforcées à l’IA et des invraisemblances qui marquent certaines superproductions récentes, The Insider s’inscrit dans la lignée des grands films réalistes consacrés à l’espionnage, aux côtés de La Taupe, ou Les Patriotes. Pas d’explosions, ou si peu, pas de coups de feu, ou si peu, tout est dans les rapports entre les personnages. Le sujet de l’intrigue, le vol d’un logiciel qui peut entraîner des millions de morts, n’est ici qu’un McGuffin au sens le plus strict : le spectateur s’en fiche royalement, le suspense ne réside pas là mais bien dans la façon dont les rapports de force et les affrontements entre les personnages vont finir par se dénouer.
Résumer n’est pas spoiler
Point de départ de l’histoire, George Woodhouse (Michal Fassbender, glacial) est averti qu’il y a une taupe dans le service où il travaille. On lui donne une liste de suspects potentiels, tous des amis, sur laquelle figure sa femme (Cate Blanchett). Tiraillé entre son amour pour elle et sa loyauté envers son pays, George entreprend une enquête interne sans en aviser personne. La tâche n’est pas simple, puisque chacun poursuit sa propre mission sans avoir à en référer à quiconque. Son épouse résume parfaitement la situation lorsqu’elle lui dit que leur métier est la couverture idéale pour l’adultère : à la question où étais-tu, il suffit de répondre « secret défense ».
George est donc confronté à un problème de taille lorsqu’il entreprend de la surveiller. Manipulations, détournement des procédures, faux semblants, chantage… tout est bon pour mener l’enquête, même si celle-ci amène chacun à dévoiler ses secrets les plus intimes et si, pour les découvrir, George n’hésitera pas à droguer ses invités avant de les lancer dans un jeu de la vérité aux conséquences dramatiques.
Il y a du Hitchcock là-dedans et un clin d’œil à Agatha Christie dans le dénouement qui réunit tous les protagonistes autour d’une table, façon « le coupable est parmi vous ».
Entourés d’une palanquée d’acteurs tous excellents (parmi lesquels Pierce Brosnan dans un second rôle qui lui sied à merveille, bien loin de son personnage de James Bond), le couple se cherche, se tourne autour, l’amour et la confiance qu’ils éprouvent l’un envers l’autre durement ébranlés par l’ombre du soupçon.

Soderbergh, une valeur sûre
Steven Soderbergh nous a habitués à des films de qualité, dans des genres très variés. Parmi ceux qui nous intéressent ici, citons L’Anglais, histoire d’un ex-détenu qui enquête sur la mort de sa fille, Traffic, quatre oscars pour ce films sur les cartels mexicains, The good german, une histoire d’espionnage dans l’Allemagne de l’immédiat après-guerre, sans oublier bien sûr la trilogie des Ocean’s eleven avant qu’il abandonne la franchise à d’autres.
Avec The Insider, Soderbergh montre qu’il n’a pas perdu la main et qu’il demeure l’un des cinéastes les plus importants du moment.
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